Créer une entreprise à Dubaï : le guide complet 2026
La licence est la partie facile. Le bon choix de juridiction, le passage de la conformité bancaire et la maîtrise de la fiscalité décident si votre société tourne sereinement.
Créer une entreprise à Dubaï en 2026 est plus rapide et plus accessible que jamais — mais c’est aussi une décision plus sérieuse que ne le laissent croire les titres du type « société en 3 jours et 0 % d’impôt ». La licence est la partie facile. Ce qui détermine vraiment le résultat, c’est le bon choix de juridiction, le passage de la conformité bancaire, et la maîtrise de l’impôt sur les sociétés et de la comptabilité. Ce sont eux qui décident si votre société émirienne tourne sereinement ou devient une source de soucis récurrents.
Ce guide vous accompagne de bout en bout : quelle structure choisir, ce que cela coûte réellement la première année, le déroulé étape par étape, l’ouverture du compte bancaire, et les obligations fiscales et comptables qui démarrent dès l’émission de la licence. Avec une section dédiée à ce que la plupart des guides oublient : la résidence fiscale.
En bref : pour créer une entreprise à Dubaï, vous devez (1) choisir entre mainland, zone franche (free zone) ou offshore, (2) définir votre activité et votre nom commercial, (3) obtenir l’approbation initiale et la licence, (4) obtenir votre establishment card et votre visa de résidence, (5) obtenir votre Emirates ID et (6) ouvrir un compte bancaire professionnel. Une société en zone franche est généralement prête en 5 à 14 jours ouvrés, avec un budget réaliste de première année de 18 000 à 45 000 AED (env. 4 300 à 10 800 €) selon la zone, la licence et le nombre de visas.
Pourquoi les entrepreneurs choisissent Dubaï en 2026
Les Émirats arabes unis restent l’un des hubs les plus solides au monde pour le business international, et les fondamentaux sont réels : aucun impôt sur le revenu des personnes physiques, un impôt sur les sociétés (IS) de 9 % seulement au-delà de 375 000 AED de bénéfice — contre 25 % en France — une détention étrangère à 100 % en zone franche et pour la plupart des activités sur le mainland, une monnaie stable (le dirham est indexé sur le dollar), et un accès direct aux marchés du Moyen-Orient, d’Asie, d’Afrique et d’Europe. Pas de cotisations sociales, pas d’impôt sur la fortune, pas de droits de succession.
Ce qui a changé, c’est la maturité du marché. Depuis l’introduction de l’IS en juin 2023, Dubaï n’est plus une juridiction « zéro impôt, zéro question ». Les banques mènent une vraie conformité, les zones franches exigent de plus en plus des états financiers audités, et l’administration fiscale attend une comptabilité correcte. Cela ne rend pas les Émirats moins attractifs : cela fait de la préparation le facteur décisif. Les fondateurs qui intègrent structure, banque et conformité dès le départ sont ceux qui profitent réellement de la stabilité et de la crédibilité qu’offre Dubaï.
Première décision : mainland, zone franche ou offshore
Tout le reste découle de ce choix, alors autant le réussir. Votre juridiction détermine où vous pouvez commercer légalement, vos règles de détention, votre quota de visas et la facilité d’ouverture d’un compte bancaire.
| Mainland | Zone franche (Free Zone) | Offshore | |
|---|---|---|---|
| Idéal pour | Vente au sein des EAU, retail, services, marchés publics | Business international/en ligne, conseil, IT, e-commerce, holdings | Détention d’actifs, PI, structuration internationale |
| Commerce au sein des EAU | Oui, partout | Uniquement via un distributeur local ou une succursale mainland | Non |
| Détention étrangère | 100 % pour la plupart des activités | 100 % | 100 % |
| Visas de résidence | Oui (quota selon le bureau) | Oui (selon le pack) | Non |
| Bureau | En général un bureau physique (bail Ejari) | Un flexi-desk suffit souvent | Non requis |
| Autorité de licence | Département de l’Économie (ex. Dubai DET) | L’autorité de la zone franche (DMCC, IFZA, RAKEZ…) | Registre offshore (RAK ICC, JAFZA Offshore) |
| Délai de création | 7 à 15 jours ouvrés | 5 à 14 jours ouvrés | 2 à 7 jours ouvrés |
Une façon simple de trancher : si vos clients sont aux Émirats, penchez pour le mainland. Si vos clients sont surtout à l’international et que vous vendez en ligne ou fournissez des services hors des EAU, la zone franche est en général la voie la plus pratique et la plus économique. Si vous avez seulement besoin d’un véhicule pour détenir des actifs, des parts ou de la propriété intellectuelle — sans activité opérationnelle — l’offshore convient.
Un schéma courant et malin : démarrer en zone franche pour la rapidité, le coût et les visas, puis ajouter une présence mainland plus tard (via une succursale ou un distributeur) lorsque les ventes locales aux EAU le justifient — sans réimmatriculer la société d’origine.
🧭 Pas sûr de la structure ou de la zone qui vous convient ? Trouvez l’option adaptée à votre activité, votre budget et vos besoins en visas en deux minutes environ avec le sélecteur de zone franche QuickTax.
Comment choisir sa zone franche
Les EAU comptent plus de 40 zones franches, et elles ne sont pas interchangeables. Chacune a ses tarifs, ses activités autorisées, ses règles de visas et sa réputation auprès des banques. Le mauvais choix se traduit par des renouvellements plus chers, des frictions bancaires, ou une licence qui ne couvre pas réellement votre activité.
| Zone franche | Coût indicatif 1ʳᵉ année | Réputée pour |
|---|---|---|
| Meydan (Dubaï) | dès ~12 500 AED (1 visa) | L’une des adresses dubaïotes les plus accessibles ; IT, conseil, e-commerce |
| IFZA (Dubaï) | dès ~14 900 AED | 1 500+ activités, plusieurs visas, packs transparents |
| DMCC (Dubaï) | dès ~30 000 AED+ | Adresse premium à JLT ; négoce, matières premières, crypto, fintech |
| SHAMS (Sharjah) | dès ~5 750 AED | Licences média/créatif et services à petit budget |
| Ajman Free Zone | dès ~5 000 AED | Le ticket d’entrée le plus bas ; négoce et services |
| RAKEZ (Ras Al Khaimah) | dès ~11 600 AED | Industrie, négoce, holdings ; excellent rapport qualité-prix |
| RAK ICC | dès ~8 500 AED | Holdings/PI offshore (sans visa ni opérations) |
Chiffres indicatifs « vitrine », pour la planification uniquement. Le coût réel de la première année dépend des visas, du bureau et de l’activité. Vérifiez toujours le pack officiel à jour avant de vous engager.
La licence la moins chère est rarement la société la moins chère. Une zone sans visa inclus, ou hors de Dubaï alors qu’il vous faut une adresse dubaïote pour vos clients, finit par coûter plus cher. Calez la zone sur trois critères : votre activité, le besoin (ou non) d’une adresse dubaïote prestigieuse, et le nombre de visas dont vous avez réellement besoin.
Si vous préférez ne pas comparer des dizaines de zones à la main, le sélecteur de zone franche QuickTax pose quelques questions sur votre activité, votre budget et vos besoins en visas, puis vous propose les zones réellement adaptées — un bon point de départ avant de vous décider.
Dubaï, Abu Dhabi ou les Émirats du Nord
Le lieu d’immatriculation compte autant que le choix de la zone.
- Dubaï est l’adresse la plus reconnue au monde et la plus simple à expliquer aux clients internationaux et aux banques. C’est aussi la plus chère en moyenne. Meydan et IFZA gardent Dubaï accessible pour les services ; DMCC et DIFC occupent le haut de gamme.
- Abu Dhabi, la capitale, est un choix fort pour la finance, l’énergie et le business proche du secteur public. ADGM est une zone franche financière respectée, en common law anglaise, adaptée aux fonds, à la fintech et aux holdings.
- Les Émirats du Nord (Sharjah, Ras Al Khaimah, Ajman, Fujairah) offrent les mêmes 100 % de détention et le même zéro impôt sur le revenu pour environ la moitié du coût de Dubaï. RAKEZ, SHAMS et Ajman Free Zone offrent un excellent rapport qualité-prix pour le négoce, l’industrie et les holdings. Seul bémol : une adresse hors Dubaï peut être une limite commerciale si vos clients en attendent une.
Une approche fréquente et économe : s’immatriculer dans une zone des Émirats du Nord pour les économies, puis passer à une adresse dubaïote seulement si la clientèle l’exige.

Les formes juridiques possibles
Au sein de votre juridiction, vous choisissez une forme juridique. Les plus courantes :
- LLC / SARL (mainland) — société à responsabilité limitée, à un ou plusieurs associés, idéale pour commercer sur le marché local. La responsabilité est limitée au capital investi.
- Entreprise individuelle (Sole Establishment, mainland) — structure à associé unique ; plus simple, mais le propriétaire est personnellement lié à l’activité.
- FZE (Free Zone Establishment) — entité en zone franche à associé unique.
- FZ-LLC / FZCO — entité en zone franche à plusieurs associés.
- Succursale (branch) — extension d’une société étrangère existante, exerçant les activités de la maison mère sans être une entité distincte.
- Offshore (IBC) — International Business Company pour la détention et l’activité internationale uniquement, sans opérations ni visas aux EAU.
À côté de la forme, le choix de l’activité est l’une des étapes les plus importantes : il détermine la catégorie de licence (commerciale, professionnelle ou industrielle), ce que vous pouvez légalement faire, et la lecture que les banques feront de votre modèle. On ne peut pas fournir un service absent de la licence — d’où l’intérêt de cadrer les activités correctement du premier coup.
Créer une entreprise à Dubaï : étape par étape
Le processus complet, dans l’ordre où il se déroule réellement.
Étape 1 — Définir l’activité et le modèle. Décidez ce que vous faites et où sont vos clients. Cela pilote la juridiction, le type de licence et la liste d’activités.
Étape 2 — Choisir la juridiction et la forme. Mainland, zone franche ou offshore ; puis LLC, FZE, FZ-LLC, succursale ou entreprise individuelle.
Étape 3 — Réserver le nom commercial. Préparez deux ou trois options. Le nom doit être unique, sans mots interdits ou offensants, et porter le suffixe de la forme juridique (ex. LLC).
Étape 4 — Obtenir l’approbation initiale. C’est le « pas d’objection » du gouvernement à la création de votre activité. Elle permet d’avancer mais n’autorise pas encore à exercer.
Étape 5 — Signer les documents et payer les frais. Signez la demande, le pacte d’associés (MOA) ou les accords de la zone franche, et réglez les frais publics et de licence. La licence commerciale est alors émise.
Étape 6 — Obtenir l’Establishment Card et ouvrir le dossier d’immigration. Cela débloque les visas pour vous et vos salariés.
Étape 7 — Obtenir le visa de résidence et l’Emirates ID. Permis d’entrée, examen médical, biométrie et apposition du visa. L’Emirates ID est indispensable à presque tout ce qui suit, y compris la banque et le bail.
Étape 8 — Ouvrir le compte bancaire professionnel. Généralement l’étape la plus longue et la plus sensible — détaillée plus bas.
Une création en zone franche atteint souvent le stade de la licence en 5 à 14 jours ouvrés ; le mainland en 7 à 15 jours environ avec un bureau prêt. Le compte bancaire suit son propre calendrier.
Les documents généralement requis
Les exigences varient selon l’émirat et la zone franche, mais la plupart des dossiers demandent :
- Copies des passeports valides de tous les associés et gérants
- Photos format identité
- Justificatif de domicile du pays de résidence
- Un business plan court ou une description d’activité (de plus en plus demandé par les banques)
- Le pacte d’associés (MOA) pour les LLC et formes similaires
- Un contrat de bail (Ejari pour le mainland ; contrat de bureau/flexi-desk pour la zone franche)
Les activités réglementées (finance, santé, droit, etc.) peuvent exiger des agréments supplémentaires de l’autorité compétente.
Combien ça coûte vraiment la première année
Le chiffre affiché — « licence dès 12 000 AED » — est un point de départ, pas un total. Un budget réaliste de première année pour une société type en zone franche à Dubaï ressemble plutôt à ceci :
| Poste de coût | Fourchette indicative (AED) |
|---|---|
| Licence de zone franche | 12 000–50 000 |
| Adresse / flexi-desk | 3 000–8 000 |
| Visa de résidence + Emirates ID (fondateur) | 4 000–7 000 |
| Ouverture de compte bancaire (avec accompagnement) | 4 000–11 000 |
| Enregistrement IS + TVA | 2 500–6 000 |
| Comptabilité (1ʳᵉ année) | 11 000–18 000 |
| Audit (requis par de nombreuses zones) | 5 000–15 000 |
Pour la plupart des sociétés de services et de négoce, un total réaliste de première année se situe autour de 18 000 à 45 000 AED (env. 4 300 à 10 800 €), et davantage dans les zones premium comme DMCC. Une création mainland tourne en général entre 15 000 et 50 000 AED plus le loyer du bureau. Les postes qui surprennent les fondateurs sont presque toujours les mêmes — ceux que le prix « vitrine » exclut : visas, adresse, accompagnement bancaire, et les coûts de conformité (enregistrement, comptabilité, audit) qui démarrent dès l’immatriculation.

Visa de résidence et Emirates ID
Créer une entreprise vous ouvre, et souvent à votre famille, le droit de demander la résidence émirienne. La voie standard est un visa investisseur/associé de 2 à 3 ans (généralement 3 500 à 7 000 AED par personne). Pour les engagements plus importants, le Golden Visa offre une résidence de 10 ans — par exemple pour un investissement significatif, avec des critères que les Émirats continuent d’affiner.
L’Emirates ID, délivré pendant le processus de visa, est la clé du quotidien : ouverture d’un compte personnel, contrats de location, permis de conduire émirien, etc. Prévoyez du temps pour l’examen médical et la biométrie, qui exigent votre présence physique aux EAU.
Ouvrir un compte bancaire : la partie honnête
C’est là que beaucoup sous-estiment les Émirats version 2026. Depuis 2023, les banques ont nettement durci leur conformité. Ouvrir un compte professionnel n’est plus une formalité : c’est un projet à part entière, avec ses règles, et l’accord n’est pas automatique.
Les banques examinent non seulement vos documents mais votre modèle économique : qui sont vos clients, d’où vient le chiffre d’affaires, et si votre activité correspond à votre licence. Une préparation solide — description claire du business, CV des fondateurs, preuves d’activité réelle, structure cohérente — améliore nettement vos chances. Les soldes minimums vont couramment de 25 000 à 100 000 AED+ dans les banques traditionnelles, tandis que les néobanques et banques digitales (comme Wio ou les branches numériques de banques établies) proposent des seuils plus bas, voire sans dépôt, adaptés au démarrage.
Le conseil pratique : ne traitez pas la banque comme une réflexion de dernière minute. Choisissez votre juridiction et votre activité en pensant à la banque, préparez bien votre dossier, et déposez auprès de plusieurs établissements. Activités mal alignées et documentation faible sont les premières causes de refus et de délais.
Ce que les banques veulent généralement voir :
- Licence, MOA et certificat d’immatriculation
- Passeports et Emirates ID des associés et gérants
- Une description claire du business ou un business plan court
- Des preuves d’activité — contrats, factures, site web, accords fournisseurs/clients
- Les CV des fondateurs montrant un parcours pertinent
- Les volumes de transactions attendus et les pays concernés
- Justificatif de domicile et, parfois, justificatif de l’origine des fonds
Plus ce dossier est solide et cohérent, plus l’accord est rapide — et plus faible est le risque qu’un compte soit ouvert puis gelé lors d’une revue ultérieure.
Fiscalité : ce que votre société émirienne paiera vraiment
C’est l’endroit où le « 0 % » se lit avec attention. Voici la réalité pour 2026.
Impôt sur les sociétés (IS). Les EAU appliquent 0 % sur les premiers 375 000 AED de bénéfice imposable et 9 % au-delà. Cela vaut pour le mainland comme pour la zone franche — c’est un régime fédéral unique, pas deux mondes séparés. Les sociétés doivent s’enregistrer auprès de la Federal Tax Authority (FTA) et déposer une déclaration chaque année, même sans impôt à payer.
0 % en zone franche (QFZP). Une société en zone franche peut payer 0 % sur le revenu qualifiant si elle remplit les conditions de Qualifying Free Zone Person : substance économique suffisante dans la zone, revenu qualifiant au sens des règles, états financiers audités, conformité prix de transfert, et respect du de minimis (le revenu non qualifiant ne doit pas dépasser 5 % du chiffre d’affaires ou 5 M AED, le plus faible des deux). Le 0 % n’est pas automatique : il se mérite et se documente, et un seul flux de revenu mal classé peut le faire sauter.
Allègement petites entreprises (Small Business Relief). Les sociétés résidentes dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 3 M AED peuvent opter pour le SBR et payer effectivement 0 % d’IS — un allègement précieux au démarrage, disponible en l’état jusqu’au 31 décembre 2026.
TVA. La TVA est de 5 %, avec enregistrement obligatoire dès que le chiffre d’affaires taxable dépasse 375 000 AED (volontaire dès 187 500 AED). Les assujettis déposent des déclarations périodiques.
Autres. Aucun impôt sur le revenu des personnes ; la retenue à la source sur dividendes, intérêts et redevances est actuellement de 0 %. Les EAU avancent aussi vers la facturation électronique, avec un déploiement par phases — une raison de plus de tenir des registres numériques propres dès le départ.
À retenir : la faible fiscalité émirienne est réelle, mais conditionnelle. Elle dépend d’un enregistrement correct, d’une comptabilité conforme aux IFRS et du respect des délais — pas de la seule juridiction.
Trois exemples chiffrés
Quelques scénarios simplifiés montrent comment les mêmes règles produisent des impôts très différents :
- LLC mainland, 600 000 AED de bénéfice. Les premiers 375 000 AED à 0 %, les 225 000 AED restants à 9 % — soit environ 20 250 AED d’IS. Si le chiffre d’affaires est inférieur à 3 M AED, la société peut opter pour le Small Business Relief et payer 0 % (jusqu’au 31 décembre 2026).
- FZCO en zone franche, revenu entièrement qualifiant, 2 M AED de bénéfice. Si toutes les conditions QFZP sont réunies — substance, audit, activités qualifiantes, dans le de minimis — l’impôt est de 0 % sur la totalité. Perdez le statut QFZP, et le même bénéfice est taxé à 9 % au-delà de 375 000 AED, soit environ 146 000 AED.
- FZE à revenu mixte. Disons 4 % de revenu non qualifiant. C’est dans la limite de 5 % du de minimis, donc le QFZP tient et le revenu qualifiant reste à 0 %. Poussez le revenu non qualifiant à 6 %, et la société peut perdre le QFZP pour toute la période — transformant un impôt nul en 9 %. D’où l’importance d’une classification propre des revenus.
Ce sont des illustrations, pas un substitut à un calcul sur vos chiffres réels — mais elles montrent la logique : c’est la structure et la documentation qui décident du taux, pas l’étiquette « zone franche ».
Crucial pour les résidents fiscaux français : la résidence fiscale
C’est la question que la plupart des guides évitent. Une société émirienne, à elle seule, ne vous sort pas des règles fiscales françaises tant que vous restez résident fiscal en France.
- Résidence fiscale réelle. Sans transfert effectif de votre résidence fiscale, l’administration française peut continuer à vous imposer sur vos revenus mondiaux, même avec une société émirienne parfaitement constituée. Une simple détention de visa ne suffit pas : il faut un déplacement réel du centre des intérêts vitaux.
- Sociétés étrangères contrôlées (art. 209 B du CGI). Les montages plaçant des bénéfices dans une entité faiblement imposée peuvent être visés par les dispositifs anti-abus français. La substance compte.
- Substance et échange automatique. Avec le renforcement du CRS (Common Reporting Standard) et des exigences du GAFI, les structures sans présence réelle sont détectées et risquent d’être requalifiées. Présence effective, personnel et comptabilité auditée ne sont pas des formalités, mais une protection.
- Convention fiscale France–EAU. Une convention de non double imposition existe entre la France et les Émirats ; son application à votre cas se vérifie avec un conseil spécialisé.
Ceci est une information générale, pas un conseil fiscal : votre situation personnelle (résidence, parts, sources de revenus) s’analyse avec un spécialiste de la fiscalité internationale.
Après la licence : comptabilité et conformité
L’étape que la plupart des guides sautent — et précisément là où s’accumulent pénalités et stress. Dès l’émission de la licence, le compte à rebours démarre :
- S’enregistrer à l’IS auprès de la FTA dans le délai requis après l’immatriculation.
- Tenir une comptabilité conforme aux IFRS (ou IFRS for SMEs) et conserver les pièces au moins sept ans.
- Déposer la déclaration d’IS dans les neuf mois suivant la clôture de l’exercice.
- S’enregistrer et déclarer la TVA si le chiffre d’affaires dépasse le seuil.
- Préparer des états financiers audités si la zone franche ou le statut QFZP l’exige.
« Des factures en PDF plus des corrections manuelles dans un tableur » : voilà le montage qui crée silencieusement du risque — délais manqués, QFZP rompu, panique de dernière minute avant le dépôt. Des registres propres et automatisés réduisent les erreurs, rendent l’audit indolore, et gardent votre position 0 % ou faible défendable si la FTA pose des questions. Traiter la comptabilité comme une partie du lancement — et non comme un problème « pour plus tard » — c’est ce qui fait tenir l’avantage fiscal que vous visiez.
Erreurs fréquentes à éviter
- Choisir la zone la moins chère plutôt que la bonne. Une licence sans visa, ou dans le mauvais émirat, coûte souvent plus cher ensuite.
- Traiter la banque en dernier. Activité et structure doivent se choisir en pensant à la banque.
- Décaler activité et modèle réel. Cela déclenche des revues bancaires plus strictes et des délais.
- Négliger la substance pour le QFZP. Présence réelle et comptes audités sont requis pour garder le 0 %.
- Oublier les délais de conformité. Enregistrement et dépôt IS s’appliquent même sans impôt dû ; les manquer, c’est des pénalités.
Le faire soi-même ou avec un partenaire
Il est possible d’immatriculer soi-même une société émirienne. Le prix à payer : le temps, le risque de choisir la mauvaise structure ou zone, et un réel risque de délais bancaires si le dossier n’est pas préparé comme les banques l’attendent. Réimmatriculer pour corriger une mauvaise juridiction peut coûter 18 000 à 25 000 AED plus des semaines d’arrêt — bien plus que de faire juste du premier coup.
Un bon partenaire compresse les délais, aligne structure et activité sur votre modèle et votre banque, et prépare le dossier pour qu’il passe la conformité dès la première fois. Les meilleurs ne disparaissent pas après la licence : ils restent pour la comptabilité et la conformité fiscale qui maintiennent la société en bonne santé.
Ce que cela signifie pour vous
Créer la société, ce sont 5 à 14 jours faciles ; la structure, la banque et la conformité décident vraiment de la suite. Cela tient à trois choses à mettre en œuvre :
Choisissez la juridiction pour vos clients, pas pour le prix
Mainland si vous vendez aux EAU, zone franche si vous vendez à l’international ou en ligne, offshore seulement pour détenir des actifs. La licence la moins chère (sans visa, ou dans le mauvais émirat) coûte souvent plus cher ensuite ; calez la zone sur votre activité, votre besoin d’adresse dubaïote et votre nombre réel de visas.
Traitez le compte bancaire comme un projet dès le premier jour
Depuis 2023, un compte professionnel n’est pas automatique — les banques examinent le modèle économique, pas seulement les papiers. Choisissez activité et structure en pensant à la banque, préparez un dossier clair (licence, MOA, preuves d’activité, CV), et déposez auprès de plusieurs établissements.
Le compte à rebours de la conformité démarre à la licence
Enregistrez-vous à l’IS auprès de la FTA, conservez une comptabilité IFRS sept ans, et déposez votre déclaration d’IS dans les neuf mois suivant la clôture — même à 0 %. Le 0 % en zone franche (QFZP) est conditionnel : substance, comptes audités et limite de minimis ; une comptabilité propre est ce qui le rend défendable.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour créer une entreprise à Dubaï ?
Une société en zone franche est généralement prête en 5 à 14 jours ouvrés, et une société mainland en 7 à 15 jours environ avec un bureau prêt. L’ouverture du compte bancaire est un processus distinct qui peut prendre 2 à 8 semaines.
Combien coûte la création d’une société à Dubaï ?
Les licences « vitrine » démarrent autour de 5 000 à 15 000 AED, mais un budget réaliste de première année — adresse, visa, banque et conformité compris — se situe généralement entre 18 000 et 45 000 AED en zone franche, et 15 000 à 50 000 AED plus loyer sur le mainland.
Un étranger peut-il détenir 100 % d’une société émirienne ?
Oui. Les zones franches autorisent 100 % de détention étrangère par défaut, et depuis 2020–2021 c’est aussi le cas pour la plupart des activités mainland sans sponsor local. Quelques secteurs stratégiques font exception.
Les sociétés en zone franche paient-elles l’IS ?
Elles peuvent payer 0 % sur le revenu qualifiant si elles remplissent les conditions QFZP (substance, audit, limite de minimis). Le revenu non qualifiant est taxé à 9 %. Le 0 % est conditionnel, pas automatique.
Faut-il être aux EAU pour créer la société ?
Une grande partie de l’immatriculation se fait à distance, mais votre présence est généralement requise pour la biométrie du visa et, dans la plupart des cas, pour ouvrir le premier compte bancaire professionnel.
Suis-je obligé de m’enregistrer à la TVA ?
L’enregistrement à la TVA est obligatoire dès que le chiffre d’affaires taxable dépasse 375 000 AED, et volontaire à partir de 187 500 AED.
Une société à Dubaï me dispense-t-elle de mes obligations en France ?
Non, si vous restez résident fiscal français : vos revenus mondiaux peuvent rester imposables et les dispositifs anti-abus (art. 209 B) peuvent s’appliquer. La situation s’analyse avec un conseil spécialisé.
Que se passe-t-il après l’obtention de la licence ?
La conformité démarre immédiatement : s’enregistrer à l’IS, tenir une comptabilité IFRS, déposer la déclaration annuelle d’IS, gérer la TVA le cas échéant, et préparer un audit là où il est requis.